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Feu vert pour le sismomètre martien SEIS

Décollage autorisé pour SEIS, le sismomètre de la sonde martienne InSight

Le 25 et 26 avril dernier, à 10 jours du lancement de la mission InSight, le sismomètre SEIS a passé avec succès son dernier test fonctionnel. Essentielles pour juger de l'état de santé de l'instrument avant le grand départ vers la planète rouge, les vérifications ont consisté à réveiller l'instrument et à basculer dans différentes configurations de nombreux sous-systèmes électroniques, ainsi que les capteurs sismiques eux-mêmes.

 

Dernier test fonctionnel du sismomètre SEIS depuis le JPL (© CNES/JPL).Dernier test fonctionnel du sismomètre SEIS depuis le Jet Propulsion Laboratory à Pasadena, Californie (USA). De gauche à droite Jean-Marie Mouret (CNES), Ken Hurst (JPL) et Michel Nonon (CNES) surveillent avec attention les premières données en provenance de SEIS le 25 avril, alors que la sonde InSight est installée au sommet du lanceur Atlas V 401 (© CNES/JPL).Durant 1h30, les capteurs sismiques très large bande (VBB) ont donc été éprouvés, ainsi que les capteurs courte période (SP), dont la calibration a également été vérifiée. Le fonctionnement des inclinomètres et des moteurs du berceau de mise à niveau a aussi été validé, bien qu'aucun mouvement n'ait été autorisé. Toutes les voies d'alimentation électrique de l'instrument SEIS (qu'elles soient nominales ou de secours) ont été contrôlées. Enfin, l'atterrisseur InSight possédant deux "cerveaux", le test complet a été joué successivement depuis l'une et l'autre des unités centrales.

Pour s'assurer que ce test absolument critique se déroule dans les conditions les plus optimales possibles, le chef de projet de la mission au JPL (Tom Hoffman), avait demandé qu'une équipe SEIS se déplace spécialement à Pasadena en Californie, ceci afin de « pouvoir prendre des décisions en temps réel en cas de résultats non-conformes ». Le chef de projet SEIS au CNES (Philippe Laudet), entouré du responsable instrument adjoint (Jean-Marie Mouret), du responsable Commande/Contrôle (Michel Nonon) et du responsable suisse de l’Ebox (Davor Mance) étaient donc sur place au moment où les données ont commencé à arriver de la sonde. Tous les autres membres de l’équipe projet étaient joignables par téléphone en cas d’urgence. Tout s'est cependant déroulé comme prévu, les réponses venant de l'instrument étant totalement conformes aux attentes des ingénieurs.

La sonde InSight dans la coiffe du lanceur Atlas V 401, au sommet du pas de tir (© NASA).La sonde InSight dans la coiffe du lanceur Atlas V 401, au sommet du pas de tir le 23 avril 2018 à Vandeberg (© NASA/Leif Heimbold).L'instrument SEIS, dont la mise au point a mobilisé de nombreux experts réparti sur tout le globe, est donc autorisé à quitter la planète Terre pour aller effectuer sur Mars des mesures sismiques attendues avec impatience par l'ensemble de la communauté scientifique internationale. Pour l'heure, ce test récompense d'abord et avant tout l'immense travail accompli par les équipes techniques américaines (JPL), françaises (CNES/IPGP), anglaises (ICL/UKSA), allemandes (MPS/DLR) et suisses (ETHZ/SSO/ESA).

"C'est une nouvelle absolument fantastique qui est l'aboutissement d'années de préparation", a déclaré Jonny Grinblat, responsable des essais au JPL. "Merci beaucoup pour tout votre support depuis l'ATLO jusqu'à aujourd'hui. La prochaine fois que SEIS sera allumé, SEIS sera à des millions de kilomètres de la planète qui l'a créée", a-t-il ajouté aux équipes réunies autour des consoles.

Au moment du test, la sonde InSight était déjà installée dans la coiffe du lanceur Atlas V 401, à plus de 50 mètres de hauteur de la surface du pas de tir. Si le temps devenait orageux autour de Vandenberg et que la foudre se mettait à tomber à proximité, une version très allégée du test serait effectuée par mesure de précaution. Après les opérations de lancement, qui débuteront à partir du 5 mai, l'instrument SEIS sera activé dans l'espace à trois reprises durant la phase de croisière : les 16 et 18 juillet, puis le 6 août.

Enfin, après l'atterrissage programmé pour le 26 novembre 2018, l'instrument sera rallumé pour la première fois sur Mars. La planète rouge sera alors à 154 millions de kilomètres de la Terre.

Dernière mise à jour : 1er mai 2018

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